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On le voit dans cet extrait : une victime de violences conjugales est a priori récalcitrante à un entretien qui la définirait comme telle : elle est dans le déni, dans la dépendance d’une relation toxique, dans l’illusion d’un amour encore possible et dans la culpabilité de trahir l’autre.

De plus, les victimes ont peur de ce qu’elles peuvent entrevoir des conséquences d’un tel accompagnement : l’obligation de partir du domicile conjugal, d’abandonner leur vie, de devoir tout reconstruire. Si elles ne trouvent pas un.e interlocuteur.trice qui soit capable de les prendre en charge quelle que soit l’action que requiert leur situation, elles ne sauront quoi faire, ni vers qui se tourner pour des besoins spécifiques (plainte, logement, examen médical, avocat…).

Si les intervenants font partie d’un réseau, ils seront plus à même de les aiguiller et de les suivre, en proposant non pas un simple parcours de prise en charge, mais bien un éventail de solutions portées par des spécialistes, compétents et impliqués. C’est cette dimension d’approche collective qui est mise en avant à la fin du cahier pédagogique de « J’aimais le diable », à la lumière de la puissance des mécanismes de l’emprise.