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L’accompagnement de victimes de violences conjugales demande d’adhérer à un certain nombre de postulats de base : le recours aux professionnels ne sera pas nécessairement le déclencheur d’une prise en charge, ou d’un accompagnement social ou psychologique immédiat, tout comme la dénonciation des faits ne déclenchera pas forcément un parcours, ni même nécessairement une action immédiate. Le premier rendez-vous est souvent pour la victime un moyen de tester son interlocuteur, de savoir si elle peut lui faire confiance, si la personne qui lui fait face n’est pas dans le jugement.

Pour une victime, raconter devant un.e inconnu.e les événements qui ont détruit sa projet de vie peut lui donner le sentiment d’être réduite à cet aspect de sa vie, sans compter qu’elle revit avec une intensité insupportable les situations traumatisantes, à cause de la mémoire traumatique (voir la page sur Muriel Salmona et la mémoire traumatique).

Dès lors, comment définir un accompagnement et, a fortiori, un parcours de prise en charge spécifique à la victime de violences conjugales ? Pour répondre à ce défi, le professionnel doit maîtriser a minima les mécanismes à l’œuvre dans les violences conjugales.